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Léogeats ??

Nous trouvons, selon les périodes et les documents écrits, l'évolution de plusieurs orthographes : Leujatz ou Leuyatz au XIIIème, puis Leujats, Laugeat au XVIIème, Leujas en 1727, et enfin Léogeats depuis le XIXème siècle.

Le suffixe ATS, répandu dans le sud-ouest de la France, vient du suffixe celte ACO, employé jusqu'au Moyen-Age, et correspondrait à des lieux fortifiés.

Léogeats aurait été créé à l'époque médiévale vers le XIème siècle, époque de défrichement intensif en Gascogne, et son nom a vraisemblablement pour origine le vieux germanique "laubja"=cabane, qui a donné le patois roman louye, loye et sa branche valaisanne dérivée : Logeat, Logeais, Logean, Le Lauchat, Laugeas, Laugeat, Leauchat, Locha, ...

La loge était une hutte, une cabane de branches et de feuillages servant d'abri aux bûcherons ou au bétail, autour de laquelle pouvait se développer un village. - B. Tauzin -

 

 
III°siècle

Cameillac, lieu-dit situé à 1 km au sud du bourg anciennement orthographié Camelhac, est le plus ancien site historique officiellement répertorié de la commune. C'est un domaine d’époque gallo-romaine ( III ème siècle ).

Certains ont évoqué, pour l’origine de son nom, "Camilius", du nom de son premier résident gallo-romain, auquel s'ajouterait le suffixe  AC, survivance du suffixe gaulois (celte) ACO, puis gallo-romain ACUS, ACUM signifiant "domaine de", "qui appartient à ". Ce suffixe, répandu dans les territoires de langue d’oc, on le retrouve dans toutes les Gaules sous des formes variées : ac, at, az, y, etc…. Devenu acum en latin, il dénote un établissement agricole, généralement une villa gallo-romaine.
 
 Voici quelques extraits de documents anciens relatifs au site archéologique de Cameillac aujourd'hui délaissé :

« Il ne reste rien, que je sache du moins, de cette église paroissiale Saint Laurent, mais nous avons vu un groupe de maisons assez anciennes, dans la cour d’une desquelles fut trouvé, il y a plus de quarante ans ,un ensemble de mosaïques qui fut alors digne de la première classe du classement départemental de 1845. Peu de temps après on en découvrait d’autres au même lieu puisqu’on lit dans les comptes rendus de la Commission déjà citée : M. Virac signale une mosaïque à Cameillac à côté de celles déjà connues ; des fouilles nouvelles en ont fait connaître de nouvelles dont les dessins sont plus beaux, les couleurs plus vives, la superficie plus considérable. Un de ces derniers fragments compose le parquet d’une chambre ayant trois mètres sur chaque côté.


Le 22 juin 1842, M. Ferdinand Leroy, Secrétaire de la Commission des Monuments Historiques, adressait sur les monuments des départements une lettre à Mr de Caumont, lettre publiée dans les Annales de l’Académie Royale de Bordeaux, où on lit cette phrase : La mosaïque de Cameillac vient d’être achetée par la ville de Bordeaux et on en opère le transfert en ce moment.

Une bonne vieille femme que nous avons interrogée nous a dit se rappeler parfaitement la trouvaille. Il y avait des fleurs, des carottes (cruches), des vases de toutes couleurs, etc, etc. On avait essayé de la lever, mais cela s’abîmait, et puis on a laissé tout çà ici. L’aire de la cour étant recouverte de fumier, le paysan en a écarté quelque peu avec son instrument et nous avons aperçu en effet à fleur de terre, quelques uns de ces carreaux devenus presque méconnaissables ; les cubes de pierre formant des rangées alternativement noirâtres, rouges et blanches se détachaient au simple toucher. Bien que la bonne vieille nous affirma que la cour en était couverte nous nous sommes contentés de ce simple échantillon qui nous indiquait le lieu précis de la découverte et nous a convaincus que le séjour prolongé du fumier et des liquides érosifs en provenant avaient du anéantir à jamais ces restes d’une ancienne villa gallo-romaine. Si quelques fragments ont pu être emportés à Bordeaux par les soins de Mr Rabanis, alors président de la Commission, que sont-ils devenus ? D’après Guillon, bien qu’achetés par Mr Rabanis, ces mosaïques n’ont jamais été livrées.»

Extrait de Société Archéologique de Bordeaux, Tome XIII, 1er fascicule : Excursion en Bazadais, Noaillan et Léogeats, par M.E. Piganeau, 1888.
 
 
 « …Après ce détour forcé qui nous a bien éloignés du Ciron, reprenons contact avec ses bords et dirigeons nous vers le hameau de Cameillac un peu au nord du confluent de la Hure et du Ciron et sur la rive droite de cette dernière rivière.
Si nous entrions dans la cour de la métairie de Villetorte et que nous demandions au métayer de dégager un peu le tas de fumier qui s’y étale, nous pourrions voir les restes d’une mosaïque gallo-romaine qui peu à peu se désagrège et se perd. Des fouilles pratiquées il y a peu de temps pour le forage d’un puits ont mis à jour des cercueuils en brique, et la tradition locale y fixe l’emplacement de l’ancienne église paroissiale, dénommée au XII ème siècle, Saint Laurent de Camelhac. Extrait de «  La Garonne et ses affluents de la rive gauche », pages 227 et 228, André REBSOMEN, 1913.  Origine : Mr DARTIGOLLES, Budos.
 
 "La voie romaine de Cérons à Bazas venait du pont d'Aulan à Bommes, en passant par Sauternes, le bas de Saint Marc, le bas du Biscan, le Piquey, Vimeney, l'allée du château Guiraud (qui était un lieu de péage), puis partait vers Senses à Léogeats. - B. TAUZIN -
   
... à nos jours
Dans les Archives Historiques de la Gironde relatives aux Comptes de l'Archevéché de Bordeaux  ( manuscrit Monteil rédigé en latin, épais de vingt feuillets) on trouve trace au  XIII ème siècle de deux paroisses : Sanctus Laurentius de Camelhac ( Saint Laurent de Cameillac ) et Sanctus Christoforus de Leujatz  ( Saint Christophe de Léogeats ) : c'est à priori le plus ancien document manuscrit conservé relatif à l'histoire du village. 
 

Comment deux paroisses ont-elles pu se constituer sur la rive principale du Ciron ?

La paroisse Saint Laurent de Cameillac s’est constituée là parce qu’un gros domaine ou un groupement d’habitations pouvaient, à l’époque, donner naissance à une paroisse, englobant également les terres attenantes.
 
                « Il est fait mention de cette ancienne paroisse (Saint Laurent de Camelhac) dans la liève des quartières de l’Archevéché de l’an 1420 en ces termes : Sanctus Laurentius de Cameilhac debet tres boisselos millii. A la vérité, il n’en est pas fait mention dans la liève de 1546, mais il en est question dans un ancien pouillé manuscrit où son revenu est évalué à 20 francs, ce qui pouvait équivaloir pour lors à la somme de 200 livres. Le pouillé général des Bénéfices de la France de l’an 1648, fait également mention de cette paroisse, mais malgré ces preuves de son ancienne existence, cette paroisse est absolument inconnue. » Extrait de Baurein, Tome II, p 132, nouvelle édition. 
  
      La paroisse Saint Christophe de Léogeats est mieux située, sur un éperon rocheux aux flans escarpés agrémentés de quelques arbres, dominant le ruisseau, et assez loin de son confluent avec le Ciron pour être au sec.
La zone de Cameillac étant humide, cet éperon rocheux est le meilleur emplacement, tant pour la défense, que pour sa situation centrale dans la zone des cultures.

Cameillac fut détruit : on ne sait si ce fut au cours des invasions successives des Wisigoths au V ème siècle, des Francs au VI ème, des Vascons au VII ème, des Maures au VIII ème, des Normands au IX ème, ou des Anglais au XII ème ... Chaque maison ancienne du quartier, bâtie avec les moellons noircis par le feu, en témoigne encore aujourd’hui.  

      Cameillac disparu, Léogeats est resté, et l’unité géographique a repris ses droits.                  

La commune, étendue bien au delà du Ciron sur sa rive gauche, comprend des landes autour de la clairière de Laulan. Cet endroit isolé a pu être un fief à part, tandis qu’un tumulus au lieu-dit Le Merley, trois cent mètres au sud, pourrait être le vestige d’une fortification féodale, voire plus ancienne. 
 
  L’éloignement du hameau de Laulan aurait justifié la création d’une paroisse, mais sa population était trop restreinte pour cela, et celui-ci fut ensuite partagé en deux, en droite ligne, par la limite des communes de Léogeats et de Noaillan.
                Les comptes de l’Archevéché de Bordeaux mentionnent les deux paroisses au  XIV ème siècle sur deux listes, mais à chaque fois, une seule est citée, ce qui donne l’impression que le nom officiel de la paroisse est Cameillac (Saint Laurent), mais que le centre réel est Léogeats (Saint Christophe).

            On trouve mention de Léogeats, paroisse Saint Christophe, en 1314, à propos de biens relevant de la famille d’Albret.

            Léogeats a pu, à l’origine, être une seigneurie à part, mais au XVI ème siècle, les archives du Château de Suduiraut à Preignac ( Georges Guillot de Suduiraut était propriétaire du château de Noaillan au début du XX ème siècle ) donnent quelques indications : elle dépend de la seigneurie de Noaillan ( Jean de La Motte ) ; au XVIII ème  siècle, elle y est complètement intégrée. 
 

           « L'histoire de la seigneurie de Noaillan nous révèle qu'elle était une des plus anciennes du Bordelais. Amanieu de Noaillan, chevalier, nommé dans un titre du 2 mars 1225, fut un des soutiens d'Henri III d'Angleterre à la bataille de Taillebourg, en 1242.

Plus tard, le 19 mars 1274, Bertrand de Noaillan reconnaît tenir du roi Edouard Ier le château de Noaillan « au devoir d'une lance d'esporle à muance de seigneur », et ce qu'il possède dans la paroisse de Salles, au devoir d'un « autour saur ». 

Le même jour, un de ses parents, Guillaume de Noaillan, reconnaît devoir au duc d'Aquitaine une paire de gants. Le roi d'Angleterre compte sur l'appui du sire de Noaillan, ainsi que le prouve la lettre qu'Edouard II écrivait à Amanieu de Noaillan, en 1312, pour lui demander ses chevaux, ses armes et ses soldats. 

En 1322, il le convoquait pour la guerre d'Ecosse. En 1373, le seigneur de Noaillan prêtait serment de fidélité au prince de Galles. Mais peu d'années après, la famille de Noaillan abandonne son château d'origine qui passe à la famille de la Motte. Gaillard de la Motte en était seigneur en 1383.

Au commencement du XV ème siècle, les rois d'Angleterre reprennent Noaillan pour le donner à des vassaux d'une fidélité plus sûre que celle des La Motte, et le concèdent enfin, en 1428, à Bernard Angevin, qui, de simple clerc, était devenu un des plus puissants seigneurs de la province, chancelier d'Aquitaine et membre du Grand Conseil.

Après la conquête de la Guyenne par les Français, les la Motte recouvrèrent Noaillan.

L'un d'eux, Jean de la Motte, recueillit la riche succession laissée par le maréchal Xaintrailles, son oncle, et sa famille demeura à Noaillan jusqu'en 1567. 

Cette année-là, François de la Motte vendit les terres de Noaillan et de Léogeats à Jean Le Berthon, conseiller au Parlement de Bordeaux, pour la somme de 12.000 francs bordelais. 

Un long procès commencé à la même époque et achevé en 1578, rendait Noaillan à dame Marie de Ballanguier, douairière de la Motte, mère de François II de la Motte (dont nous avons déjà parlé à propos du château de Castelnau de Mesme) et annulait sans doute la vente dont nous parlons. 

Ce François II de la Motte eut pour fille Guyonne de la Motte, marquise de Castelnau, qui épousa, en dernier lieu, Jean d'Espagnet, et déjà connue du lecteur.

Enfin Jean Duroy, conseiller au Parlement de Bordeaux, achetait la moitié de la  terre de Noaillan, dont le reste appartenait à la famille de Piis. Vers 1700, les Duroy de Suduiraut faisaient l'acquisition de cette part et demeuraient ainsi seuls seigneurs du lieu jusqu'à la Révolution. »
Extraits de « La Garonne et ses affluents de la rive gauche », pages 223 et 224, André REBSOMEN, 1913. Origine : Mr DARTIGOLLES, Budos. 
 
           "… Or, comme dans ce temps-là il n'existoit point de rôle propre à la Paroisse de Léujats, qui étoit pour lors imposée dans le rôle de la Mothe-Noailhan, qui leur étoit commun, il ne doit pas paroître surprenant que cet Ecrivain n‘ait fait aucune mention de la Paroisse de Léujats, dont il ne pouvoit pas se procurer la connoissance par la voie à laquelle il avoit été obligé d'avoir recours. »  Extraits de « Variétés bordeloises ou Essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du Diocèse de Bordeaux », page 239, par l’Abbé Baurein, 1786.Origine : Mr DARTIGOLLES, Budos.
 

          Dépendant de la Seigneurie de Noaillan du Moyen-Age jusqu'à la Révolution, la paroisse de Léogeats détenait  alors les conditions requises pour  être reconnue commune : celle-ci fut créée à la fin du XVIIIème siècle, car elle possédait une église et environ mille habitants.

          Dépendant du canton de Noaillan, Léogeats s'est vu rattaché à Langon à la Restauration, dépendant également au gré des découpages administratifs essentiellement de l'Evêché  de Bazas, et parfois de celui de Bordeaux (avant et après la Révolution). 

Jusqu'au XII ème siècle, chacun ne portait que son nom de baptême. Quelquefois, on y ajoutait le nom du père. C'est ainsi qu'on disait Jean-Pierre pour dire Jean, fils de Pierre; Arnaud-Guillaume pour dire Arnaud, fils de Guillaume. 

Mais au XIII ème siècle, chaque chef de famille ajouta à son nom de baptême un autre nom tiré d'un signe physique, du lieu de son origine, de son habitation, de son caractère, de sa profession, de quelque autre accident ou circonstance. Et ce nom passa aux enfants. Telle fut l'origine du nom de la famille.

Dès lors il fut possible de rédiger les actes de l'état civil. Une ordonnance de François Ier, publiée le 10 août 1539, enjoignit aux curés de dresser des registres de baptême qui devaient être déposés chez le greffier du balliage. Une autre ordonnance de 1667 prescrivit de faire deux registres, l'un qui resterait à la paroisse, l'autre qui serait envoyé au greffe du juge royal.


 ·  En 1634, Pierre LOBIS, médecin, était l'un des parrains de la première cloche de Léogeats. Selon Piganeau (1888), il habitait une "maison noble" et a laissé son nom au lieu-dit où il résidait. 
 
Jusqu'en 1789, les registres ne furent tenus qu'au point de vue des sacrements de l' Eglise.

L' Assemblée législative, par la Loi du 20 septembre 1792, distingua la société civile de la société religieuse, les actes de baptême des actes de naissance, l'acte de mariage de la bénédiction nuptiale, l'acte de décès de la cérémonie des funérailles. Elle chargea les conseils généraux des communes de désigner quelqu'un pour tenir les registres de l'état civil.

La Loi du 28 pluviose de l'an VIII confia cette mission aux maires, et le Code Napoléon adopta cette disposition.

                                                                                                                                                                                                                   

·  En 1792, les Archives Révolutionnaires permettent de dresser un tableau représentatif de la vie économique et du tissu social de Léogeats :

  …« Cent soixante quatorze familles rassemblent un bon millier d’habitants ; une cinquantaine d’exploitants possèdent leur paire de bœufs et leur charrette. Une trentaine de paire de vaches peuvent aider aux travaux ; il ne paraît pas y avoir de vaches purement laitières. Le cheval est inexistant pour le travail et l’on ne trouve qu’un seul mulet. On se plaint que le seigle est en quantité insuffisante. La récolte de vin est d’environ 700 barriques, principalement du vin rouge Le troupeau de moutons est moyen : une centaine d’agneaux par an. »…   Extrait des Archives Départementales de la Gironde.

 

En 1870, la population était déjà tombée en dessous des 900 habitants, mais la vie agricole se maintenait.

 La production agricole était encore faible pour la population, mais le vin rouge était considéré comme « bon ordinaire » et le blanc « tirant vers le sauternes »

Aux vaches de travail se sont ajoutées les « bretonnes » pour le lait, et les veaux que l’ont expédie à Bordeaux. On trouve abondance d’ail et de haricots, car la majorité des terres, aujourd’hui boisées ou en friche, étaient à l’époque de riches jardins et cultures. La lande sud girondine, déjà bien boisée, à l’instar du littoral océanique, s’est considérablement peuplée de pins, et les radeliers dirigent les convois de billons par flottage sur le Ciron, de Préchac jusqu’au port de Barsac sur la Garonne, pour embarquement sur gabarres (bateaux à fond plat), afin d’alimenter Bordeaux en bois de chauffage et les mines anglaises en étayages. 
  
De nombreux commerces et métiers existaient alors au village tels que bergers, boucher, boulangers, cafetiers, Cercles, charbonnier, charcutier, charpentier, charrons, coiffeur, épiciers, horloger, laboureurs, laitiers, maçons, marchands de bestiaux, de bois, maréchal ferrant, menuisier, meunier (Moulin du Ruisseau), muletiers, résiniers, sabotiers, tabacs. - B. TAUZIN-
 
 
Toutes les informations de la rubrique "histoire"  ont été offerte par M. Bernard Tauzin. Nous le remercions sincèrement d'avoir mis son travail à la disposition de tous.
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